Une nouvelle étude du Dr Jean-Philippe Bercier remet en question la nécessité des gants stériles lors d’une vasectomie

Résumé

Le risque d’infection après une vasectomie réalisée avec des gants non stériles fait l’objet d’une nouvelle étude dirigée par le Dr Jean-Philippe Bercier et publiée dans le Canadian Urological Association Journal. En examinant 4 785 interventions réalisées en clinique dans quatre établissements canadiens, les chercheurs ont constaté un taux d’infection de seulement 0,08 %. Les résultats appuient les données existantes voulant qu’une technique rigoureuse, plutôt que la stérilité des gants, joue un rôle déterminant dans la prévention des infections lors d’une vasectomie sans bistouri. 

 Points saillants

  • L’étude a été menée dans quatre cliniques externes en Ontario et au Québec sur une période de quinze mois. 
  • Les résultats ont été validés au moyen des communications avec les patients et d’un échantillon aléatoire de suivis téléphoniques. 
  • Les auteurs recommandent la réalisation d’études prospectives de plus grande envergure afin de confirmer les résultats dans d’autres milieux cliniques. 

Une analyse rétrospective de près de 4 800 interventions, publiée dans le Canadian Urological Association Journal, apporte de nouvelles données canadiennes en faveur de soins de vasectomie efficaces et fondés sur les données probantes. 

Le Dr Jean-Philippe Bercier, médecin généraliste et prestataire à fort volume de vasectomies à la Clinique Bercier d’Ottawa, a cosigné une nouvelle étude évaluée par les pairs qui se penche sur une question importante touchant presque toutes les vasectomies pratiquées en Amérique du Nord : le port de gants stériles est-il réellement nécessaire pour assurer la sécurité des patients? 

L’article, intitulé « Risk of Post-Vasectomy Infection Using Non-Sterile Gloves: A Retrospective Audit of 4,785 Office-Based Procedures », a été publié le 7 juillet 2026 dans le Canadian Urological Association Journal (CUAJ), la publication évaluée par les pairs de l’Association des urologues du Canada. Le Dr Bercier a dirigé les travaux avec les coauteurs Valérie Dumais, Daniel Trottier, Mélanie Savard-Côté et Michel Labrecque.

Pourquoi cette question est importante

La vasectomie compte parmi les interventions ambulatoires les plus courantes en médecine familiale et en urologie. Depuis des décennies, le recours aux gants stériles est considéré comme une pratique courante. Pourtant, les gants stériles coûtent plus cher que les gants d’examen propres et non stériles, prennent plus de temps à déballer et contribuent à la quantité croissante de déchets produits par les cliniques qui réalisent un grand nombre d’interventions. 

Au cours des dernières années, plusieurs revues systématiques portant sur la chirurgie mineure, la dermatologie et la réparation des plaies ont conclu que l’utilisation de gants propres et non stériles n’entraînait pas un risque d’infection supérieur à celui associé aux gants stériles. Une étude multicentrique publiée en 2023 et portant sur plus de 130 000 vasectomies sans bistouri réalisées au Canada, en Colombie, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni est arrivée à une conclusion similaire. 

Pour le Dr Bercier, ces données correspondaient à ce qu’il observait déjà dans ses propres cliniques. 

« Lorsque j’ai acquis la conviction que les gants stériles ne semblaient pas offrir de bénéfice supplémentaire pour prévenir les infections lors d’une vasectomie réalisée en clinique, j’ai constaté plusieurs avantages potentiels à utiliser des gants non stériles : ils coûtent moins cher, sont plus efficaces à utiliser et génèrent moins d’emballages et de déchets environnementaux », explique-t-il. 

Ces nombreux avantages l’ont incité à entreprendre cette étude. 

« Compte tenu du très grand nombre de vasectomies pratiquées partout dans le monde, même un petit changement dans la pratique pourrait avoir un impact cumulatif important », souligne le Dr Bercier. « Je souhaitais partager notre expérience et nos données avec mes collègues, particulièrement ceux qui travaillent dans des cliniques réalisant un grand volume de vasectomies à travers le monde. Je croyais que la publication de nos résultats dans une revue médicale évaluée par les pairs constituait la façon la plus crédible et la plus fiable d’évaluer les données probantes et de partager ces connaissances avec l’ensemble de la communauté médicale. » 

En janvier 2024, le réseau de cliniques du Dr Bercier a mis cette conviction en pratique en adoptant les gants non stériles pour les vasectomies sans bistouri réalisées dans ses établissements en Ontario et au Québec. La nouvelle étude publiée dans le CUAJ constitue essentiellement une vérification de cette décision : l’abandon des gants stériles a-t-il modifié le risque d’infection pour les patients? 

À l’intérieur de l’étude 

L’équipe de recherche a examiné toutes les vasectomies sans bistouri réalisées entre le 1er janvier 2024 et le 31 mars 2025 dans quatre cliniques externes situées à Ottawa, Hawkesbury, Gatineau et Montréal. Au total, 4 785 interventions ont été effectuées par quatre médecins possédant différents niveaux d’expérience. 

Chaque intervention suivait un protocole standardisé de préparation cutanée. Celui-ci commençait par l’utilisation d’un tampon imbibé d’alcool, suivie d’applications répétées d’une solution antiseptique à base de chlorhexidine et d’alcool. Cette solution était également appliquée sur les gants non stériles avant que le médecin ne touche le patient. 

Plutôt que de s’appuyer sur des descriptions subjectives d’infection, les chercheurs ont adopté une définition prudente : toute prescription d’antibiotiques délivrée dans les 30 jours suivant l’intervention. Ces cas ont été vérifiés de façon indépendante par deux membres de l’équipe à partir des dossiers médicaux électroniques des cliniques. 

Les chercheurs ont également évalué si le risque d’infection variait selon le médecin ayant effectué la vasectomie, selon que la plaie avait été fermée ou non avec une colle cutanée chirurgicale, ainsi que selon la durée prévue du rendez-vous. 

Les auteurs sont allés encore plus loin en soumettant leurs propres résultats à des vérifications supplémentaires dépassant celles d’une analyse rétrospective typique des dossiers médicaux. Ils ont examiné les appels téléphoniques et les messages reçus de patients au sujet de préoccupations après leur vasectomie pendant deux périodes distinctes. Ils ont également analysé quels patients étaient revenus à la clinique en personne et pour quelles raisons, puis ont téléphoné à un échantillon aléatoire de patients sans infection inscrite à leur dossier pour leur demander directement s’ils avaient consulté un autre professionnel de la santé. 

Ce que les chercheurs ont découvert 

Dans l’ensemble de la cohorte, l’étude n’a relevé que quatre cas d’infection, soit un taux de 0,08 %, avec un intervalle de confiance à 95 % de 0,03 à 0,2 %. 

Les chercheurs n’ont constaté aucune différence statistiquement significative du risque d’infection entre les médecins, entre les patients dont la plaie avait été fermée avec une colle cutanée et ceux dont la plaie ne l’avait pas été, ni entre les rendez-vous de plus courte ou de plus longue durée. 

Même lorsque les auteurs ont modélisé un scénario des plus défavorables afin de tenir compte d’infections qui auraient pu ne pas être signalées, le risque estimé est demeuré bien inférieur à 1 %. 

Ce résultat se compare avantageusement aux taux d’infection généralement cités dans les lignes directrices sur la vasectomie, qui se situent approximativement entre 0,2 et 2 %. Il concorde également avec l’étude multicentrique internationale de 2023, qui n’avait elle non plus constaté aucune différence significative du risque d’infection entre les vasectomies réalisées avec ou sans gants stériles dans une importante cohorte néo-zélandaise. 

Pour le Dr Bercier, les résultats viennent valider le changement de pratique déjà adopté dans ses cliniques. 

« Je crois que ces résultats renforcent les données probantes selon lesquelles les gants stériles ne sont pas nécessaires pour maintenir un très faible taux d’infection lors d’une vasectomie réalisée en clinique », affirme-t-il. « Cela comporte des avantages pratiques pour les professionnels de la santé, puisque l’utilisation de gants non stériles peut rendre la vasectomie plus efficace à réaliser tout en réduisant les coûts et les déchets environnementaux. » 

Ce que cela signifie pour les patients 

Les auteurs de l’étude prennent soin de préciser que leurs résultats sont de nature observationnelle et ne constituent pas une preuve définitive. 

Les résultats suggèrent toutefois qu’une technique antiseptique rigoureuse, une équipe chirurgicale expérimentée et une approche uniforme de vasectomie sans bistouri pourraient jouer un rôle plus important dans la prévention des infections que la stérilité des gants eux-mêmes. 

Les auteurs ont également observé une tendance vers des taux d’infection plus faibles lorsque la colle cutanée était utilisée pour fermer la plaie. Cette différence n’était toutefois pas statistiquement significative. Ils recommandent donc d’effectuer davantage de recherches afin de déterminer si la colle offre réellement une protection supplémentaire. 

Pour les patients qui envisagent une vasectomie, les implications pratiques sont rassurantes. Cet important ensemble de données canadiennes vient s’ajouter à un corpus cohérent de données provenant de plusieurs spécialités et suggérant que l’utilisation de gants non stériles, dans le cadre d’un protocole clinique rigoureux, n’est pas associée à une augmentation significative du risque d’infection. 

Les chercheurs reconnaissent néanmoins ouvertement les limites d’une analyse rétrospective des dossiers médicaux, notamment la possibilité que certaines infections traitées à l’extérieur de leurs cliniques n’aient pas été recensées. Ils concluent donc que des études prospectives multicentriques demeurent nécessaires afin de confirmer ces résultats dans d’autres milieux cliniques. 

Pour le Dr Bercier, les implications vont bien au-delà du budget consacré aux fournitures d’une seule clinique. 

« Simplifier l’intervention sans compromettre la sécurité des patients pourrait permettre à davantage de professionnels de la santé d’offrir la vasectomie », explique-t-il, « et contribuer à améliorer l’accès à ce que je considère comme la meilleure méthode de contraception permanente. » 

Lire l’étude complète 

L’étude complète, y compris la méthodologie détaillée, l’analyse statistique et les tableaux de données sur les patients, peut être consultée dans le Canadian Urological Association Journal : 

Risk of post-vasectomy infection using non-sterile gloves: A retrospective audit of 4785 office-based procedures
(CUAJ, publiée en ligne le 7 juillet 2026). 

Le Dr Bercier et ses collègues poursuivent leurs travaux de recherche et continuent de publier des études contribuant à faire évoluer la pratique de la vasectomie au Canada. 

Les patients qui souhaitent en apprendre davantage sur la vasectomie sans bistouri ou prendre rendez-vous pour une consultation à la Clinique Bercier sont invités à communiquer directement avec la clinique. 

Forie Aux Questions

Comment les chercheurs ont-ils défini une infection dans le cadre de cette étude?

Plutôt que de se fier à des signalements subjectifs, l’équipe a défini une infection comme toute prescription d’antibiotiques délivrée dans les 30 jours suivant l’intervention. Deux chercheurs ont indépendamment recoupé les dossiers médicaux électroniques afin de repérer ces cas, puis ont vérifié la présence probable d’une infection en fonction des signes, des symptômes et du moment où ceux-ci sont apparus. 

Pourquoi les cliniques du Dr Bercier ont-elles adopté les gants non stériles pour les vasectomies?

Un nombre croissant de données issues de revues systématiques en chirurgie mineure, en dermatologie et en réparation des plaies indiquaient que les gants non stériles n’augmentaient pas le risque d’infection comparativement aux gants stériles. 

Sur la base de ces données, le réseau de cliniques du Dr Bercier a adopté les gants non stériles pour les vasectomies sans bistouri en janvier 2024, puis a procédé à une analyse des résultats. 

Comment les chercheurs ont-ils confirmé l’exactitude de leurs données sur les infections après vasectomie?

Afin de réduire le risque de sous-estimation, l’équipe a recoupé les dossiers médicaux avec les suivis effectués auprès des patients. Elle a ensuite modélisé un scénario des plus défavorables afin de tenir compte d’éventuelles infections qui n’auraient pas été signalées. 

Même avec cette hypothèse prudente, le risque d’infection estimé est demeuré bien inférieur à 1 %, ce qui renforce la confiance envers le résultat principal de l’étude. 

Une vasectomie sans bistouri réalisée avec des gants non stériles est-elle considérée comme sécuritaire?

Les résultats de cette étude, combinés aux recherches antérieures comparant les gants stériles et non stériles dans le cadre d’interventions mineures, suggèrent que les gants non stériles ne sont pas associés à une augmentation significative du risque d’infection lorsqu’ils sont utilisés conjointement avec une technique antiseptique rigoureuse. 

Les auteurs précisent toutefois que d’autres études prospectives sont nécessaires afin de confirmer ces résultats. 

Quel rôle la colle cutanée pourrait-elle jouer dans la prévention des infections après une vasectomie?

Les chercheurs ont observé une tendance vers des taux d’infection plus faibles lorsque de la colle cutanée était utilisée pour fermer la plaie, bien que la différence n’ait pas été statistiquement significative. 

Les auteurs de l’étude recommandent de poursuivre les recherches afin de déterminer si la colle cutanée peut réellement réduire le risque d’infection après une vasectomie.